C'était un dimanche soir, dans la fraîcheur d'avril,
De ma jeune existence on a coupé le fil,
Je ne sais pas pourquoi ce soir là ce fût moi,
Ni pourquoi je suis là, ni pourquoi j'ai si froid.
Je me vois allongée, au bord de ce fossé,
Je ne sens plus du tout ce corps que j'ai quitté,
Seize ans c'est bien trop court pour parcourir la vie,
Mais la bêtise humaine, ce temps, elle me l'a pris.
S'il vous plaît braves gens, vous tous qu'un beau matin,
J'ai vu derrière moi, pleurer main dans la main,
Quand vous prendrez la route, ayez une pensée
Pour toutes les victimes de cette atrocité.
Quand vous aurez compris que la vie est un bien,
Quand à votre inconduite vous aurez mis un frein,
Quand plus que tout au monde, la vie respecterez,
Je pourrai ce jour là, enfin, me reposer.
Christian Massé


